Prévention autour de la distribution de lait aux veaux

Mis à jour le 29/06/2021

Afin de prévenir les risques de pénibilité et les troubles musculosquelettiques liés à la distribution du lait au veaux, la MSA d’Armorique a lancé en 2020 une étude en partenariat avec la Chambre d’Agriculture de Bretagne. Les retours d’expériences mettent en avant le recours au taxi lait, qui serait facteur d'amélioration des conditions de travail.

Enquête : le taxi lait facteur d’amélioration ?

 

Une enquête sur la perception de la pénibilité et l’utilisation de taxi lait

 
Le taxi lait est de plus en plus utilisé dans les élevages bovins lait bretons. Afin de disposer de données objectives et d’accompagner au mieux les exploitants agricoles dans les démarches d’amélioration de leurs conditions de travail, le service Prévention des risques professionnels de la MSA d’Armorique a lancé une étude sur les modalités de collecte, de transfert et de distribution de lait aux veaux en partenariat avec la Chambre d’Agriculture de Bretagne. Une enquête a été élaborée et adressée l’été dernier à l’ensemble des exploitants bovins lait bretons. Les retours des éleveurs ont contribué à la construction des modalités d’évaluation des conditions de travail lors de ces activités. Cette évaluation par « Motion Capture* » a été réalisée en septembre 2020 sur le site de la ferme expérimentale de Trévarez.

*Captation et enregistrement des gestes et postures par l’intermédiaire de capteurs inertiels placés sur les articulations
 
14 repas par semaine et une distribution en majorité manuelle

Concernant leurs pratiques quant à la distribution de lait aux veaux, on note que :
 
  • près de 80 % des répondants effectuent 14 distributions par semaine (cf. graphique 1  : nombre de buvées distribuées aux veaux par semaine, en % des répondants).
  • la majorité des éleveurs bovins lait distribuent du lait entier (cf. graphique 2 : type de lait distribué aux veaux, en % des répondants).


Dans trois quarts des situations, la distribution du lait est réalisée manuellement (pots à lait et/ou des seaux). On note donc désormais que le taxi lait est utilisé dans 25 % des cas.
 
La distribution : une tâche encore plus appréciée avec le taxi-lait
 
Globalement, la tâche de distribution de lait aux veaux est bien perçue : près de 76% déclarent qu’il s’agit d’une tâche agréable ou très agréable. Pour autant, on constate que l’utilisation d’un taxi lait est un facteur important dans cette perception positive. En effet, les éleveurs équipés de taxi lait sont plus de 90 % à considérer cette tâche comme agréable ou très agréable (cf. graphique 3 et 4 : Perception de la tâche de distribution du lait aux veaux : pour les utilisateurs de seaux et pots (graphique 3), pour les utilisateurs de taxi-lait (graphique 4)).


La réduction de la pénibilité et la santé des veaux, premiers arguments mis en avant pour les utilisateurs de taxi lait

Les utilisateurs de taxi lait se déclarent satisfaits à 100 % de leur acquisition. Les principaux arguments mis en avant sont : la diminution de la pénibilité, la facilité dans les déplacements, le maintien en température du lait et l’homogénéité de celui-ci mais également la santé des veaux. Ces exploitants nous ont fait part de leur retour d’expérience et considèrent que certaines options sont indispensables : la motorisation du taxi lait, la distribution au pistolet, le chauffage/maintien à température du lait ainsi que la distribution d’un volume programmé.
  

 

Le coût, principal frein à l’acquisition d’un taxi lait

Parmi les non utilisateurs de taxi lait, seuls 19% envisagent une acquisition. Le principal frein mis en avant est le coût de cet équipement. D’autres freins sont également mentionnés tel qu’un effectif de veaux insuffisant et la configuration inadaptée de l’exploitation (passage étroit, présence de marches, sol peu roulant…). A titre d’exemple 52 % des utilisateurs de taxi lait possèdent une salle de traite de plain-pied contre seulement 27 % chez l’ensemble des répondants.
 
Projet d’un guide d’aide à la décision

Le taxi lait participe grandement à l’amélioration des conditions de travail pour les éleveurs. Pour autant, de nombreux paramètres sont à prendre en compte et constituent des prérequis indispensables à l’achat. Les modalités d’élevage des veaux, la facilité de circulation, la configuration des lieux vont influer sur le choix du taxi-lait, de ses options et des éventuels aménagements à prévoir.

Suite à cette enquête, la MSA d’Armorique et la Chambre d’Agriculture travaillent conjointement à l’élaboration d'un guide (horizon 2022) afin d’orienter les éleveurs dans le choix du taxi lait correspondant aux besoins adaptés à leur exploitation.
 
A noter

Eté 2020, une enquête a été adressée à l’ensemble des éleveurs bovin lait bretons via un questionnaire web. 260 réponses nous sont parvenues. Les répondants sont très représentatifs des exploitations laitières bretonnes :

· Nombre d’UTH compris entre 1 et 2 ETP,

· Volume de lait livré dans les moyennes régionales (rappel moyenne régionale 544000 litres),

· Nombre moyen de vaches traites compris entre 50 et 100 vaches,

· Salle de traite à pose manuelle (plus de 82 % des cas).

Nous remercions à nouveau les éleveurs qui ont pris le temps de répondre à ce sondage.